Entre-amis

- Catherine, regard sur Elle-même

Catherine Lara 1984

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Se définir à travers les mots, Je suis un morceau de contradictions, un caméléon. Je suis très vulnérable et j’aime ça…. Pouvoir se laisser bouffer par quelque chose ou quelqu’un ! »
Catherine Lara 1985

« Il y a eu des moments difficiles, des expériences douloureuses en tout genre. L’autodestruction n’est pas mon truc. J’avance sans nostalgie, chez moi il n’y a pas de disque d’or sur une étagère, pas une photo aux murs. J’essaie de m’enrichir en lisant des essais philosophiques ; Cioran, André Comte-Spontville, Diderot… j’en ai besoin, comme nourriture ».
Catherine Lara (Match Août 2005, Gaillac Morgue).

« Patiente et impatiente à la fois, quand je veux vraiment quelque chose, je peux l’attendre une éternité. Mais les choses futiles, je les veux tout de suite ».
(Match octobre 1986, Béatrice Fontanel)

« En fait, je suis une fille profondément instinctive. Je ne calcule pas du tout. Lorsque je compose, il ne faut pas s’imaginer que je suis en train de me dire : « Tiens, je vais faire un accord sol 7e et puis derrière un petit bémol pour faire joli, pas du tout ». Je ne veux pas analyser ce que j’écris – c’est drôle, mais j’ai mis dix ans à désapprendre – c’est tout à fait vrai!
« Bon, mais enfin, c’est pas dramatique non plus de connaître la musique, c’est bien aussi, ça donne de bonnes bases solides. Aujourd’hui je suis contente de pouvoir prendre mon violon et de me sentir complètement à l’aise avec lui; c’est une sensation très agréable qui me permet d’aller au-delà de moi parce que précisément je n’ai plus de problème technique avec mon instrument ».
Catherine Lara (Chanson Magazine 1985, François Bensignor)

« Moi, je suis barock’n roll. Je veux bien croire au Bon Dieu, mais pas aux idées toutes faites. Je suis contre l’alcool, la cigarette, mais pour le plaisir, le sexe et l’amour. »
Catherine Lara (Match octobre 1986, Béatrice Fontanel)

« Quand je rentre sur scène j’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre, je ne sais pas qui, ni quoi, mais il y a quelque chose qui me porte. Dix minutes avant, je suis morte de peur et dès que j’entre tout s’efface, je suis heureuse c’est magique. Je fais 200 mètres de haut et plus rien ne me fait peur. On me prendrait en photo pendant l’orgasme, j’aurais la même tête. C’est la même chose, c’est un orgasme, un plaisir, c’est intense comme le plaisir de l’amour quand je crie, je hurle, je ris ou je pleure. »
«  Quand tu sors de scène, tu as donné tout ce que tu avais, ta sève, ton corps, tu es clouée comme un papillon… je ne vis que pour l’amour, que par amour. La musique et l’amour, c’est pareil. Tout est amour ».
Catherine Lara (Chanson magazine 1985, François Bensignor)

« Si j’étais un animal, je serais un caméléon » Je me baladerais sur toutes les gammes de couleurs. Je passerais de la colère noire à la peur bleue, et les gens verraient rouge à moins qu’ils ne rient jaune… Je suis un monument de contradictions. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis musicienne : cela me permet d’accrocher sur la portée des noires et des blanches et tout le monde n’y voit que du bleu! ».
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu)

« Il se passe tellement de choses fortes avec le public que, le concert fini, je suis un peu « Down » comme après l’amour. Je suis là-haut, un peu zombie, vidée. Je n’ai faim, ni soif. Envie de rien. Ca peut prendre deux, trois heures » Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)« Je chante et je siffle tout le temps. La musique fait totalement partie de ma vie. Quand je marche, c’est une musique, quand j’entends parler, une sonnerie, un bruit d’ascenseur… la vie est une musique. En venant à Bruxelles, au péage de l’autoroute ; on s’est arrêté pendant trente secondes pour écouter les oiseaux. Je dis toujours que la chanson n’est ni un art majeur, ni un art mineur. Elle fait simplement partie de la vie. Même celui qui chante faux chante quand même. Parce que c’est vital ».
Catherine Lara (Eddy Przybylski pour un journal belge 1996)

« J’ai déjà écrit des textes moi-même : « Toi ma mère » ou « Les orties » par exemple. J’ai écrit ces chansons en un temps record de dix minutes, mais je les ai gardées au fond de moi pendant plus de 10 ans… Ce qui me gène le plus pour faire des textes c’est mon esprit de synthèse. En deux phrases, j’ai l’impression d’avoir tout dit, et encore je me demande s’il n’y en a pas une de trop ! ».
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu 1987)

« J’ai chanté une fois à Berlin et j’ai adoré ça. Là-bas, je pars comme une inconnue et je redémarre à zéro. Malheureusement, le Français s’exporte peu et c’est dommage. D’une manière générale, je trouve qu’il est très beau d'écouter les chanteurs s’exprimer dans leurs mots et leurs langues. Tant pis si on ne comprend pas très bien. Moi-même il m’est arrivé de chanter aux États-Unis et les jeunes Américains m’incitaient à chanter en Français. Le barrage a été édifié pour des raisons douteuses et commerciales ».
Catherine Lara Journal Belge Eddy Przybylski

Une valeur pour Catherine Lara : La dérision, parce qu’elle évite de se prendre au sérieux ; « Le succès me gonfle le cœur. Il ne gonfle pas ma tête. Il me rapproche des gens et me remet encore en question ».
Catherine Lara 1985

Catherine Lara Nohant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catherine cool… La méditation transcendantale… « Je m’assois sur un petit banc zen qu’on m’a offert, je me recueille, je ralentis ma respiration jusqu’à ne plus penser qu’à mon souffle ».
(Match février 1985, Tony Frank)

« J’ai tous les jeux, toutes les consoles du monde. Je passe mon temps à aller délivrer toutes les princesses de tous les Donjon Master de l’univers… »
Catherine Lara (Excellence magazine 1992, Laurent Boyer)

« Je n’aime pas travailler avec les femmes. J’aime travailler avec les hommes. Ma façon à moi de faire l’amour avec les hommes c’est de créer avec eux. J’aime beaucoup le rapport de force qui s’instaure, car il y en a forcément un… Avec Élisabeth Anaïs, pourtant ça c’est merveilleusement passé. C’est une fille brillante, qui a beaucoup de répartie et un humour extraordinaire. Mais j’aime beaucoup le regard de l’homme sur la femme. C’est très important pour moi, compte tenu de ma vie… que personne n’ignore aujourd’hui. C’est une autre façon d’aimer. J’ai des rapports très amoureux avec les gens avec lesquels je travaille ».
Catherine Lara (Chorus)

« L’âge, à notre époque, cela n’existe plus. Aller voir Tina Turner sur scène suffit à vous en convaincre. Tant qu’on a de l’énergie et de l’amour à exprimer, le reste, on s’en fout. »

« Je vis dans un monde de fou, de délire. Et tant que je peux rêver, j’en profite. J’ai la notion de
l’éphémère. Je ne vis pas au jour le jour mais heure par heure. Et je n’ai pas envie de savoir de quoi demain sera fait. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus proche de l’ enfance que lorsque j’avais 10 ans ».
Catherine Lara (Télé Loisir sept 1986. Propos recueillis par Michel Dokan).

Le 29 mai dernier, Catherine fêtait ses 60 ans… Loin de Paris, histoire de ne pas finir en photo dans Voici un peu pompette à 3h du matin. « Vous voyez le genre? » dit-elle.
Le moins qu’on puisse écrire, c’est que cela ne semble pas traumatiser la chanteuse qui, le sourire en coin confie : « Sexagénaire, moi je dis, ça génère du sexe. Pour faire un jeu de mot pourri. J’envisage un avenir florissant et joyeux, tout va bien, j’ai la pêche et tant que j’aurai des émotions à vendre… »
Catherine Lara dans La dernière heure mai 2005 (magazine Belge) propos recueillis par Isabelle Monnart.

« J’adore les rides, elles m’attendrissent. Elles représentent tout ce qui est à l’intérieur des gens. Si brusquement on se met à ressembler à une pomme fripée, on peut toujours arranger le coup, ce n’est pas grave. »
« J’adore les enfants et avec eux j’ai vraiment des rapports de môme. Je les traite comme il se traitent entre eux. J’aime les jouets, je me sens juste à côté de l’enfance ».
Télé Star février 1985

Les cheveux blancs :  « Pourquoi faudrait-il les cacher, et puis ils me vont bien, non ? J’en avais déjà à 35 ans. Quand j’ai eu des valises sous les yeux, je les ai posées chez un chirurgien plasticien. Sans regrets. Je n’ai jamais eu un physique canon, je ne me tracasse pas pour mon image ».
Catherine Lara journal Belge 1997

Catherine Lara

- « Faire un album, c’est ma manière à moi d’être maman »

Virginie, la petite fille d’un de ses frères, que l’on retrouve un matin morte à l’âge de 13 ans, d’un arrêt cardiaque. Catherine n’en parle pas, elle lui dédie un disque et une chanson « Le souffleur de rêve ».

« Ca vient de loin. Je n’ai pas mis d’enfant au monde… mais j’ai failli . Je ne l’ai pas gardé, car c’était un mauvais moment. Mais ça me manque. Si je devais adopter un enfant, d’abord je penserai à son équilibre, qui est essentiel. Ce n’est pas un plaisir seulement égoïste »
(Chorus, Daniel Pantchenko).

Pourtant, au cours d’un « Paris-Dakar » Catherine tombe sous le charme d’une enfant nigérienne :
« Cette enfant s’est pris d’amour pour moi, je ne sais pas pourquoi. Elle ne me quittait plus, elle était dans mes bras toute la journée. Très touchante. Ca a été un coup de foudre, ça existe entre enfant et adulte. Je l’ai aimée très fort et elle aussi. Sa mère voulait me la vendre, c’est terrible ! Mais je ne veux pas juger… adopter un enfant, c’est très difficile, et ça ne s’est pas fait. Je n’avais qu’une envie : retourner la voir … C’était très fort : l’âme de mère tout d’un coup qui sort comme ça, je suis une femme profondément ». Catherine Lara (Chorus, Daniel Pantchenko)
C’est Maxime Leforestier qui en a parlé le mieux en écrivant pour Catherine une très belle chanson « Trop Petite » (sur l’album « Maldonne) qui décrit bien le grand bonheur d’avoir éprouvé cet amour et toute la souffrance...

Quelles sont les plus belles victoires féminines du XXe siècle ?
Sagan, Mère Teresa, Aretha Franklin, mais aussi Jessie Norman, La Callas, et combien d’autres femmes sublimes ! Il y a un tee-shirt qui porte cette inscription !

Et vous, quelle femme êtes-vous ?
Catherine : Moi, je suis un oiseau de nuit. Je me lève entre chien et loup. Je suis née à une heure du matin, et depuis, tous les soirs ça recommence.

Comment définiriez-vous vos vrais amis ?
Catherine : Ceux que je pourrais emporter sur une île déserte.

Vous arrive-t-il souvent de penser à la mort ?
Catherine : Non. Je refuse. La mort des autres m’anéantit : la maladie, la guerre, ces enfants qui meurent de faim, ces animaux martyrisés. Horrible ! La mienne, je passe mon temps à la nier. Elle viendra à son heure. Pour le moment, je suis bien trop heureuse de vivre. Ma vie, c’est une grande histoire d’humour !

Mimi Acquaviva
(Femme Actuelle septembre 1991)

- Porte parole ou porte drapeau...

« Je n’ai jamais eu la prétention d’être un porte drapeau,
mais à un moment donné,
j’ai choisi la vérité,
c’est tout! »

Catherine Lara (Chorus)

Catherine Lara 1994« Aimer à la fois les hommes et les femmes ne m’a jamais posé de problèmes de conscience. Je ne me sens pas du tout anormale, d’ailleurs je ne sais pas où sont les normes. Je ne cherche pas à cultiver un côté équivoque, j’ai une personnalité à deux faces qui s’accorde aussi bien avec les hommes qu’avec les femmes. A partir du moment où je ne m’amuse pas avec les sentiments, tout est naturel. Ce qui ne l’est pas c’est de faire des expériences amoureuses seulement par plaisir ou par curiosité. Ceci ne m’intéresse pas. J’aime les êtres et je les respecte jusqu’au bout de l’amour.

Et puis, je n’aime pas les étiquettes, dans la vie professionnelle, comme dans ma vie privée. Le besoin de toujours caser les gens dans un tiroir m’agresse : j’me sens claustrale. J’accepte seulement deux étiquettes : »Catherine Lara » et « Chanteuse ». Point final. Les précisions supplémentaires n’ont aucune raison d’être, même entre parenthèses. Je n’ai pas à décliner mon identité dans les détails, ma carte s’en charge ! Le seul signe particulier que je veux bien accepter c’est mon signe de zodiaque ! Le reste de ma personnalité ne regarde que moi et les gens qui me touchent de près, ou de force! 
Cela dit, je n’ai jamais caché mes façons de vivre à personne. Je n’ai jamais planqué mes amies chez moi pour jouer les célibataires endurcies en société. Ce qui fait bien ou ce qui ne fait pas bien n’a aucune valeur à mes yeux : l’important c ‘est que moi je me sente bien. »
Catherine Lara (l’aventurière de l’archet perdu 1987)

« Je ne cache pas mes préférences. Sincèrement, j’assume ma différence et mes attirances. Je n’ai jamais fait de faux mariage pour brouiller les pistes… Je suis amoureuse, bien dans ma peau, et surtout libre. J’ai vécu des vies collées à mes partenaires et j’ai souvent souffert de ces situations. Le côté kolkhoze de l’amour qui tue le désir c’est fini! »
Catherine Lara (Journal TV Belge)

« C’est malgré moi. C’est le fait que j’ai assumé ma vie. Sans faire d’apologie de la sexualité, de l’homo ou de l’hétérosexualité, je ne me suis pas planquée. Il y a des gens que ça choque toujours, ou que ça ennuie mais peut-être y-a-t-il aujourd’hui un peu moins de tabous de ce coté-là, tant mieux, parce que certains sont très malheureux de devoir se cacher ».
Catherine Lara (Chorus)

« Je me sens assez androgyne. C’est-à-dire très heureuse d’être une femme mais au bord de la vérité par un côté fonceur et énergique. Et puis je me sens attirée par les êtres en général. Je suis capable d’aimer indifféremment un homme ou une femme. Je ne provoque personne. Je tiens seulement à assumer tout ce que je fais ».
« Nous vivons dans une société sans tolérance. Or j’ai placé toute ma vie sous ce signe »
Catherine Lara

« J’aime les hommes qui peuvent pleurer et les femmes qui fument la pipe… »
Catherine Lara (Intimité Magazine 1983)

Au moment précis où j’ouvre les yeux sur l’autre côté de ma nature, mes parents reçoivent en pleine face la clé du problème qu’ils se posaient depuis plusieurs années… Ils me voyaient souvent accompagnée de femmes, mais jusque-là nous étions supposées échanger des propos enrichissants sur les chemisiers, les brushings et autres distractions féminines. En fait toute ma famille s’est procurée une paire d’œillères pendant plusieurs années pour ne pas voir la réalité en face. Et maintenant le déblocage automatique des paupières se fait difficilement !
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu)

« Que regardes-tu chez un homme? »...

La réponse de Catherine fut : « Sa femme… » 

« Ma réponse a pris un sens profond avec le temps. Sur le moment, c’était une façon de détourner l’interview. Je sentais qu’on allait aborder un sujet sur lequel je n’avais pas forcément envie de m’étendre. Aussi, quand il m’a demandé ce que je regardais d’abord chez un homme, j’ai répondu « Sa femme ». C’était une façon drôle et vraie de répondre , vraie à tous les niveaux. Je n’étais pas consciente de la force de cette réponse, de ce qu’elle disait de moi. C’était la bonne phrase au bon moment, le fruit d’une pratique quotidienne de l’humour. J’avais tout dis. Aujourd'hui encore on m ’en parle beaucoup. J’ai reçu un nombre incroyable de lettres de femmes qui se sont senties un peu libérées par mes propos. Il est tellement plus facile d’avoir une vie homosexuelle quand on est une artiste connue que lorsqu’on est ouvrier ou ouvrière chez Renault. Peut-être est-ce moins vrai aujourd’hui, car les choses ont avancé, peut-être même que j’ai fait bouger les mentalités d’un millimètre. Il y avait beaucoup de gens qui avaient honte. C’est horrible d’avoir honte d’aimer, c’est atroce ».
Catherine Lara mai 2005 magazine Tétu (Catherine Gonnard).

« Quelle sorte de femme es-tu? »

« Je suis une femme très amoureuse, très passionnée. Je vis ma sexualité librement. Je veux dire par là que comme je chante les paroles de Luc Plamondon « Autonome. Libre d’aimer une femme ou un homme. Libre de vivre seule de n’être à personne… » Ce texte révèle exactement ma vie. Ca veut dire que si je suis attirée par un être, un individu qui me plaît physiquement, intérieurement, dont j’aime le caractère, le mauvais et le bon, j’embarque à toute allure. J’adore les défauts des gens d’ailleurs. Ca vraiment, ça m’éclate. Donc, lorsque j’ai rencontré des femmes qui m’apportaient ça, j’ai aimé des femmes. Et lorsque j’ai rencontré des hommes qui m’ont apporté ça, j’ai aimé des hommes. Je me sens complètement, non pas appartenant aux hétéros ni aux homos, mais à la sexualité tout court. Je suis complètement disponible pour recevoir quelqu’un. Quand je désire quelqu'un, je désire un cœur avant tout, quelqu'un qui me branche. »
Article de Ginette Ravel.Dans le magazine « La semaine,  La dernière heure » en mars 1984, magazine Canadien.

 

Catherine vue par le magazine Gai Pied

Catherine Lara 1986Comment expliques-tu ton succès auprès des gays?
« J’ai horreur que l’on catalogue les gens d’hétéros ou d’homos. J’ai un respect profond pour l’amour, quel qu’il soit. Il faut vivre avec les gens qu’on aime. Deux femmes ou deux hommes ensemble, ça me comble de bonheur si je sens qu’ils s’aiment ! Mon public gay sent que je suis ouverte sur toute sexualité. Personnellement je suis attirée par des hommes comme par des femmes. Si je dois me sentir bien avec une femme, je serai avec une femme, même chose pour un homme… Ce sont les individus qui m’intéressent. Les gens savent que j’ai vécu avec des femmes, mais je n’ai pas envie d’être homo pour autant : la vision d’un homme ne me donne pas de boutons ! En France, on cherche souvent à piéger les gens à ce sujet. Moi, j’aime ceux qui vont jusqu’au bout. J’aime les transsexuels, par exemple. C’est un voyage qui me touche. Ça doit être tellement difficile ! »

Tu es féministe?
« Ah non, je hais les ghettos femelles ! Je m’emmerde et je déteste ça ! J’aime les femmes bien dans leur peau, celles qui s’assument comme femmes, pas des caricatures de femmes. J’ai besoin d’avoir des hommes autour de moi. J’ai d’ailleurs plus de copains que de copines ! ».

C’est quoi une belle femme pour toi?
Pour moi, une belle femme doit avoir des rides au fond des yeux, parce qu’elle s’est marrée toute sa vie ! Bref, une esthétique qui me corresponde, car la beauté doit se ressentir. Une belle âme se voit sur la gueule…

Tu fréquentes les lieux gays?
Je suis allée partout ! Du 7 au Katmandou, en passant par le Babydoll et même le BH… Partout ! Mais je reproche à tous ces lieux de ne pas laisser entrer tout le monde. Si on est homo, on doit être bien ensemble, les femmes et les hommes ! Mais, en général, je me marre plus dans les boîtes d’hommes ! ».

Les garçons sont touchés par des féminités écorchées vives. Je pense à toi, à Barbara ou à Véronique Sanson…
« Nous sommes des femmes à tendance androgyne. Le contraire de la femelle, caricature de la femme ! C’est une forme de sensibilité qui se rejoint. C’est aussi les chansons qui deviennent androgynes, quand elles s’adressent autant aux hommes qu’aux femmes. Si je me sens bien avec les homosexuels, c’est que leur sensibilité et leur fragilité me touchent. Ils sentent par instinct ma tendresse pour eux. Nous restons entre gens ouverts. L’homosexualité c'est du narcissisme aigu, une forme de sensibilité exacerbée… Entre narcisses, on est forcé de se retrouver… ».
On aime un homme, on aime une femme. On aime, point barre!!!

Propos recueillis par Marc Thrion en février 1986

« Oser dire ce que les autres cachent cela fait bouger les choses. Je l’ai fait chez Denisot. Je ne le regrette pas. C’est un souci d’honnêteté par rapport à soi et aux autres »
Catherine Lara

On aime un homme, on aime une femme. On aime, point barre.

J’aime la femme dans sa féminité et j’aime l’homme presque dans son masochisme. J’aime nos différences. Il y a toujours mille raisons si on va chercher autre chose… Je ne plaisais pas aux hommes qui m’attiraient sexuellement, enfin je croyais. J’ai parlé de mon homosexualité à une période où il était important de faire éclater les tabous, quitte à me mettre à dos une partie de mon public. Mais je ne suis pas porte-drapeau, les ghettos, je les aime à la crème. J’ai pas mal trinqué dans des passions déchirantes. Le mot « Amour », j’avais mis une croix dessus, trop premier degré, niaiseux, impossible à prononcer. Par peur de souffrir aussi...
J’ai longtemps adoré être aimée, c’est le petit travers de ce métier, toutes ces bouffées d’amour que l’on respire! J’ai l’impression d’entrer dans une nouvelle période de ma vie. Il m’a fallut 50 ans pour trouver la bonne personne. Aujourd’hui, je prends plaisir à dire « Je t’aime » 250 fois par jour à une femme merveilleuse. Halte aux interdits!!!Catherine Lara août 2005 magazine Match, propos recueillis par Gaillac Morgue
« J’ai été très amoureuse du merveilleux violoniste solo des Musiciens de Paris. Yan jouait divinement et je crois que j’ai surtout été éprise du musicien. Mais il était très beau garçon blond aux yeux verts… Je lui dois des moments fabuleux. Je m’allongeais et je l’écoutais jouer le magnifique Arpegione de Schubert. J’ai toujours été folle de Schubert ».Catherine Lara (Télé loisir sept 1986)

« Je ne peux pas vous raconter la plus belle histoire d’amour, A chaque histoire, j’ai pensé que c’était celle de ma vie ».
Catherine lara Télé Start 2000

« Rien ne me choque pourvu que les gens s’aiment et soient sincères. Ceux qui sont indécents sont ceux qui font semblant »
Catherine Lara 1999

Vous avez toujours parlé sans gène de votre vie privée. On ne vous a pas entendue sur la question du PACS pourquoi?

« Je n’en avais pas envie. Ma musique suffit à exprimer ma sensibilité et les ghettos m’ennuient même si, lorsque peu de gens le faisaient, j’ai parlé honnêtement de moi. L’idée d’être enfermée dans une sexualité m’ennuie. Et si le nouveau millénaire nous permettait plus d’indulgence envers les autres? »
Catherine Lara 2000

« J’ai dû être foudroyée au départ car je fonctionne que par coup de foudre. Que ce soit pour la personne avec qui je vis ou pour mes a mis. Ce n’est jamais « tu me plais bien, c’est tu me plais vraiment… »

George Sand a influencé Catherine Lara

« Ce que j’ai dit, je l’avais sur le cœur. J’ai été honnête, je n’avais pas du tout envie de me défiler et puis George Sand m’a beaucoup influencée. Elle m’a convaincue qu’il est très important de vivre en accord avec ses idées. Et quand la vérité est là, la rumeur n’a plus de raison d’être. »
Catherine Lara 1994

Catherine Lara

Catherine lara décida de vivre avec une femme!…

A vingt et un an, la jeune femme est toujours vierge. Néanmoins, elle se décida tout de même à franchir le pas. Plus par curiosité que par réel désir. Et le résultat fut… désastreux :
« L’heureux élu avait quarante ans d’expérience dans le dos, mais cela ne lui avait pas appris le savoir-faire et la délicatesse à utiliser avec une jeune fille prude ! Je suis allée jusqu’au bout avec la terrible sensation d’accomplir une besogne. L’impression que j’ai tirée de cette expérience pesa dans ma mémoire pendant plusieurs mois. » 
Depuis ce jour, Catherine Lara a vécu une sorte de décalage avec les hommes. Elle a bien fait quelques tentatives et eut même une liaison pendant trois ans. Mais comme à chaque fois, cette relation se solda par un échec. Ça devait être écrit quelque part, car elle a toujours été étrangement attirée par les femmes. Et son premier flirt, son premier éveil a l’amour, à l’âge de seize ans, ce n’est pas avec un garçon qu’elle la connut… Alors, peu à peu, l’évidence s’est imposée. Et au grand dam de sa famille, elle décida de vivre avec une femme! »
Emmanuelle Bach 1994

Avoir un enfant…

« J’ai été enceinte et je n’ai pas gardé mon enfant à cause de ma marginalité. L’enfant est le fruit d’un mariage entre un homme et une femme. Je défends cette idée là. Mais si on vit en marge, il ne faut pas essayer de copier les normes de l’hétérosexualité. Assumer et vivre cette différence. C’est un choix de vie. C’est très égoïste de vouloir un enfant à tous crins. Pour le gosse qui est obligé de dire à l’école « Ma maman s ’appelle Nicole et mon papa Françoise » ça fait un os en plus! Déjà ce n’est pas un cadeau que d’enfanter aujourd'hui … »
Catherine Lara Propos recueillis par Gaillac Morgue Match août 2005